250111 - MUS QZD - VISÉE - SUITE A LA MEMOIRE D'UN POETE - THIBAUT ROUSSEL

 





250111 - MUS QZD - VISÉE - SUITE A LA MEMOIRE D'UN POETE - THIBAUT ROUSSEL






ROBERT DE VISÉE

1652-1730

« Suites à la mémoire d'un poète »

Thibaut Roussel (théorbe), Perrine Devillers (dessus), Mathilde Vialle et Myriam Rignol (violes).

Château de Versailles Spectacles.

VISÉE – 4 suites pour théorbe

HOTMAN – Chaconne

BOËSSET – Airs de cour

LAMBERT – Puisque la rigueur extrême

DROUART DE BOUSSET – Airs sérieux et à boire

DUBUISSON – Plainte sur la mort de monsieur Lambert.






TECHNIQUE : 4,5/5

Enregistré à la chapelle du Petit Trianon de Versailles en septembre 2023 et juin 2024, par Hugues Deschaux. La captation utilise une acoustique chargée pour donner de l'épaisseur à l'arrière-plan sans altérer la définition des timbres du théorbe. Une voix, soutenue par deux basses de violes ajoute au relief de l'image.





Aura-t-on jamais fait le tour des pièces pour théorbe de Robert de Visée ? Thibaut Roussel scrute en profondeur les compositions du maître de guitare du Roi Soleil pour en extraire des trésors. Quatre Suites constituées de pages choisies dans le manuscrit Vaudry de Saizenay se succèdent, entremêlées d'airs chantés (signés Boësset, Lambert ou Drouart de Bousset), genre intrinsèquement lié au luth qui en était l'accompagnateur privilégié. Les deux violonistes s'y montrent particulièrement délicates et soutiennent une Perrine Devillers rayonnante, y compris dans la sombre plainte de Dubuisson.

L'album s'ouvre sur une brève Chaconne de Nicolas Hotman (ca 1610-1663), père de l'école française de théorbe, qui plante le décor. Charment d'emblée la simplicité de l'approche, des lignes souples et coulantes et la grande élégance du discours. Ce dernier se déploie dans un cadre à la fois libre et ferme, comme l'atteste le fameux Prélude en la mineur. De toute évidence, Roussel comprend intimement ce langage si idiomatique pour le théorbe et dont les réelles difficultés se font ici oublier grâce à une technique magistrale (quelle belle leçon de sprezzatura !).

Le phrasé de certaines sarabandes nous bouleverse par sa tendresse – celle de la Suite en ré majeur ! Le côté badin de La Mascarade ou de La Muzette n'est jamais niais ou gauche, les allemandes séduisent par leur noblesse naturelle, et les gigues pétillent ... En somme, c'est un Robert de Visée parlant avec le cœur, sans fantaisie inutile, qu'il nous est donné d'entendre dans une interprétation respectueuse du texte et de ses paramètres stylistiques, sans froideur ni distance : voilà réunis tous les ingrédients d'un grand disque. La notice, quant à elle, ravira les curieux : elle renferme quelques révélations sur la vie de Visée, qui devraient faire l'objet d'un article scientifique à paraître.



Wissâm Feuillet




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