BRAUNFELS - JEANNE D'ARC - SOLISTES, CHŒURS, ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LA RADIO DE VIENNE, MANFRED HONECK

 





BRAUNFELS - JEANNE D'ARC - SOLISTES, CHŒURS, ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LA RADIO DE VIENNE, MANFRED HONECK







WALTER BRAUNFELS

1882-1954

« Jeanne d'Arc »

Juliane Banse (Jeanne), Martin Gantner (Robert de Baudricourt), Pavol Breslik (Charles de Valois), Johan Reuter (Gilles de Rais), Ruben Drole (Duc de la Trémouille), Chœur d'enfants du Festival de Salzbourg, Chœur Bach de Salzbourg, Orchestre symphonique de la Radio de VIenne, Manfredf Honeck.

Capriccio (2CD).

TECHNIQUE : 3/5

BRAUNFELS – Jeanne d'Arc




Dans l'entre-deux-guerres, Braunfels avait rencontré un tel succès qu'Hitler, ignorant l'ascendance juive du compositeur, lui commanda l'hymne du parti nazi – offre qu'il déclina. Dès 1933, il fut écarté de son poste de professeur à Cologne et sa musique proscrite dans le Reich. Entre 1938 et 1942, il s'attela à une Jeanne d'Arc dont il conçut le livret à partir des actes du procès (1431) et de la pièce de George Bernard Shaw (Saint Joan). Il construisit les scènes en variant constamment le point de vue, des premières visions de Jeanne jusqu'au miracle faisant suite à son exécution – son cœur est retrouvé intact et une colombe s'envole depuis les cendres. L'œuvre dut attendre sa création jusqu'en 2001, à la faveur d'un concert de la Radio suédoise.

Réunissant déjà Juliane Banse dans le rôle-titre et Manfred Honeck à la baguette, la bande publiée par Decca impressionnait par sa palette orchestrale fouillée, chaque prélude donnant la couleur du tableau à venir. À Salzbourg en 2013, les timbres de la Symphonique de la Radio de Vienne n'ont pas le même lustre et les chanteurs y tiennent un rôle plus affirmé. L'épisode du couronnement du dauphin (partie centrale, intitulée Le Triomphe) voit l'enchaînement des dialogues et des scènes de foule particulièrement réussi, et l'émotion qui s'en dégage véritablement poignante. La Jeanne de Juliane Banse impose sa détermination lorsqu'elle rencontre Charles de Valois. Pavol Breslik qui interprète ce dernier confère à « Ein neuer Morgen » une hésitation teintée d'une souffrance très réaliste. À ce très beau monologue répond celui de Ruben Drole qui incarne un duc de Trémouille maléfique. Chaque intervention des chœurs est admirable de caractères, d'investissement, notamment la magnifique prière « Geprielen sei des allmächt'ge Gott » et toute l'apothéose finale.

Adrien Cauchie




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