251204 - MUS QZD - ESCAICH - TE DEUM POUR NOTRE-DAME - THIERRY ESCAICH, MAITRISE NOTRE-DAME DE PARIS, CHŒUR NFM DE WROCLAW, ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LA RADIO DE FRANCFORT, ALAIN ALTINOGLU

 

 

 

 

 

251204 - MUS QZD - ESCAICH - TE DEUM POUR NOTRE-DAME - THIERRY ESCAICH, MAITRISE NOTRE-DAME DE PARIS, CHŒUR NFM DE WROCLAW, ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LA RADIO DE FRANCFORT, ALAIN ALTINOGLU

 

 

 

THIERRY ESCAICH

Né en 1965

« Te Deum pour Notre-Dame »

Thierry Escaich (orgue), Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur RFM de Wroclaw, Orchestre symphonique de la Radio de Francfort, Amain Altinoglu.

Alpha.

ESCAICH – Te deum pour Notre-Dame

 




 

 

TECHNIQUE : 4/5

Enregistré en concert le 12 juin 2025 par Jiri Heger, Florent Olivier, Alice Ragon et Ignace Hautville dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Une image sonore généreuse en enveloppante, dont le relief manque légèrement de définition au lointain. L’effectif, fourni, évolue dans un espace acoustique difficile à maîtriser. L’équilibre, la cohérence des plans entre chœur et orchestre vacille, ça et là, le premier masquant parfois le second dans les fortissimos. La captation de l’orgue, en alternance avec les pièces orchestrales, est très réussie.

 

 

 

 

L'ÉVÉNEMENT

 

Resurrexit !

 

Mobilisant trois chœurs, un orgue et un orchestre, l’oratorio-cathédrale signé Thierry Escaich s’incline devant l’histoire et la splendeur retrouvée de Notre-Dame de Paris.

 

 

 

 

 

 

Le grand oratorio français de ce premier quart de siècle, ainsi que l’a suggéré Le Figaro ? Pas moins ! Les retrouvailles avec la cathédrale parisienne valaient bien un Te Deum, ce solennel chant d’action de grâce. L’association Musique sacrée à Notre-Dame de Paris en a confié l’écriture à l’un de nos compositeurs les plus virtuoses et inspiré dans ce domaine, désormais cotitulaire du grand orgue. Tout destine sa partition au concert davantage qu’à la liturgie, de l’important effectif mobilisé (trois chœurs dont un d’enfants, un orchestre symphonique) au propos, qui excède l’hymne latine.

Comme pour Le Dernier Evangile en 1999 (Hortus, cf. n°498), Thierry Escaich fait appel à Narhalie Nabert, poétesse spirituelle qui convoque dans son  texte quelques hautes figures liées à Notre-Dame, de saint Louis à Paul Claudel en passant par Frédéric Ozanam, Victor Hugo et Charles Péguy. Sur cette trame, le compositeur trace en quatre mouvements un sentier lumineux, de feu « qui brûle mais n’éclaire pas » à la flamme qui « illumine mais ne brûle pas ».

 

Fournaise sidérante

La mélodie grégorienne du Te deum, présentée dans un dessin archaïsant auquel les cuivres font écho, introduit une Nuit de feu (I) en souvenir de l’incendie du 15 avril 2019, bientôt sidérante sur le plan sonore (« In ira furoris », « dans la fureur de la colère »). Les cordes gonflant en torches ou traitées en nuit, les traits de contrebasse, les percussions saisissent l’auditeur. Coloré par le marimba, chaloupé sur des syncopes jazzy, Anges de lumière (II) cite le Cantique des trois enfants dans la Fournaise, destinant aux petits chanteurs de la Maîtrise de Notre-Dame des répétitions entêtantes.

Des cordes sombres plantées de bois plus clairs ouvrent Le Vaisseau marial (III), ode à la cathédrale et à ses fantômes dans les lignes chorales parcourues de chromatismes. La flamme percera (IV) débute sur une sorte de passacaille mystérieuse et se singularise par un passage parlando, puis la vibration touchante d’une jeune soprano solo, « flamme tremblante » qui « seule conduire les Vertus et le Monde ». Tout est accompli sur le retour tutti du Te deum et l’Amen final.

 

Passerelles

 

L’orgue ne pouvait être absent : Escaich fait un sort au clavier-pédalier du Cavaillé-Coll lors de trois versets improvisés entre les quatre parties, autour notamment du Veni Creator, l’hymne de le Pentecôte, fête aux langues de feu. Ces trois miniatures mutantes et raffinées sont comme des passerelles entre les numéros.

Servi par ces transitions, le chef Alain Altinoglu règle d’un bras expert les motifs polyrythmiques et les riches contrepoints escaichiens. Et ces musiciens de la Radio de francfort mettent pleinement en lumière le génie de l’orchestrateur.

Solidement préparés par Emily Fleury et Henri Chalet, les chœurs maison déjouent les pièges de l’acoustique – moins fuyante au disque que dans la nef. Mention spéciale au Chœur du NFM de Wroclaw, à ses pupitres d’hommes projetés avec ardeur, emmenés par Lionel Sow, ancien maître des lieux. L’enregistrement grave ma magie de la soirée, la sublime même, et cela n’est pas si commun.

 

Benoît Fauchet

 

 

 

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