251207 - MUS QZD - SOL GABETTA - « LISE CHRISTIANI
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251207 - MUS QZD - SOL GABETTA - « LISE
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SOL GABETTA Violoncelle « Lise Cristiani
» Victor-Julien Laferrière (violoncelle), Irina
Zahharenkova (pianoforte), Cappela Gabetta, Dmitry Smirnov (violon et
direction). Sony. DONIZETTTE/BATTA – Una furtiva lagrima. SCHUBERT/BATTA – L’Atten-te
D776. SCHUBERT/BATTA – Séré-nade
D889 SCHUBERT/BATTA – Ave
Maria D839. ROSSINI – Une
larme. BATTA – Guillaume Tell.
OFFENBACH – Musette. OFFENBACH – Prière
et boléro. SERVAIS – Souvenir
de Spa. SERVAIS – La
Romanesca. SERVAIS –
Fantaisie sur deux airs russes. |
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TECHNIQUE : 3,5/5 Enregistré en mares 2025 à la Kirche
Oberstrass de Zurich et en avril 2025 à Don Bosco de Bâle par Joël Cormier.
Une image large en enveloppante. Capté en grande proximité, le violoncelle
domine un orchestre aux contours estompés, partageant le même premier plan qu’un
piano forte manquant un peu de relief. Timbres chaleureux. |
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Fantasque jusque dans le nom qu’elle
s’est choisi, Lisa B. Cristiani grandit entre deux portes de théâtre, élevée
par sa grand-mère en même temps que son oncle Jules Barbier, né comme elle en
1825 à Paris. Vingt ans plus tard, elle est la première femme à se produire
sur scène comme violoncelliste, au mépris des convenances - écarter les
jambes pour enserrer un instrument, pensez donc ! Berlioz applaudit ses
débuts avec chaleur. Mendelssohn l’invite au Gewandehaus. Elle devient l’amie
de deux autres violonistes à peine plus âgés qu’elle, Alexandre Batta et
Jacques Offenbach, dont elle défend les compositions, en même temps que
celles de leur aîné François Servais qu’elle rencontre au cours d’une
interminable tournée en Russie dont elle ne rentrera jamais – elle expire en
18536 du choléra dans les tréfonds du Caucase. Comme ses glorieux
confrères, elle prend modèle sur Paganini pour reculer les limites techniques
et expressives de l’instrument – pour « tirer les larmes », précise Berlioz.
Cette combinaison d’un jeu suave (féminin, bien sûr) et d’un aplomp virtuose
(très masculin, forcément) que les critiques s’accordent à louer chez Lise
Cristiani, ne la retrouve-t-on pas sous l’archet de Sol Gabetta ? Le programme que
celle-ci propose, réunissant les partitions chéries de son héroïne romantique,
brosse un portrait plein de ferveur. Arrangés par l’ami Batta, un air d’opéra
(une « Furtiva lagrima »
gorgée de passion mais d’un grand raffinement) et trois lieder de Schubert,
dont une Sérénade délicatement ourlée de mélancolie, illustrent un art
du chant où la douceur et le frémissement le disputent au mordant, à la
fermeté, à la vigueur du trait. Le Blüthner plein de couleur d’Irina Zahharenkova,
la palette de nuances et les vibratos variés de notre violoncelliste
participent à la séduction. Du même Batta, le
« morceau de concert sur des motifs de Rossini » empruntés à Guillaume
Tell (1848) permet à Gabetta de croiser l’archet avec Victor
Julien-Laferrière et Luca Magariello, merveilleux de complicité et d’équilibre !
Au rayon morceau de bravoure, colorée d’un soupçon d’esprit tzigane par la
Cappella Gabetta, La Fantaisie sur deux airs russes (1853) de Servais
alterne vapeurs de cabaret (Andante con espressione entre sourire et soupir),
acrobaties fiévreuses (Variation I) et tendresse au bord des larmes (Andantino). Notre
violoncelliste virevolte avec une élégance folle – ah ! ces soubresauts
et ces murmures de l’archet dans la Variation I – dans le Souvenir
de Spa (1844) de Servais et chante sa Romanesca « vieil air de
danse d’une expression naïve » qu’elle « comprend à merveille et exécute,
dans le style qui lui convient, comme un vrai ménestrel » – pour faire nôtre le compliment adressé par Berlioz à … Batta. La Prière et le Boléro (1840) d’Offenbach
ajoutent encore un supplément de fantaisie. La première par ses frissons bien
peu sacrés, le second par son grain de folie, avec quelques envolées vers l’aigu
(certaines à l’accompagnement brièvement mais joliment siffloté). On en
redemande ! François Laurent |
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