251208 - CIN TEL - « NOCES DE SANG » - DE CARLOS SAURA
|
|
|
|
|
|
251208 - CIN TEL - « NOCES DE SANG » -
DE CARLOS SAURA |
|||
|
|
de CARLOS SAURA 1981 - Espagne avec Pepa Flores, Cristina Hoyos, Antonio Gades,
Pilar Cárdenas 1 h 08 |
||
|
|
|
|
|
|
|
Le jour de la cérémonie, une mariée préfère s'enfuir
avec son amant. Son époux, animé d'une fureur tempétueuse, s'élance à leurs
trousses. En adaptant la tragédie de Lorca, qu'il mêle au travail du danseur
Antonio Gadès, Carlos Saura explore les motifs tragiques de la passion
interdite et signe une déclaration d'amour à la danse flamenco - véritable
héroïne du film. Dans un silence monacal, les
danseurs se préparent, tandis qu’à côté les musiciens jouent déjà en se
chamaillant. "Il y a toujours un demi-ton de trop", râle le
chanteur, pendant qu’on le maquille. Premier danseur et chorégraphe, Antonio
Gades raconte en voix off son parcours : "J’aurais voulu étudier mais
on n’avait pas les moyens." Petit boulot parmi d’autres à l’origine,
la danse s’est emparée de lui au point qu’il a préféré un temps interrompre
sa carrière pour se cultiver et ne pas se contenter d’exécuter ce qu’on lui
disait de faire. La caméra le suit dans la salle de danse où il répète seul,
puis accompagné de sa troupe, qu’il manœuvre avec une souveraine exigence.
Les danseurs passent leurs costumes et le ballet Noces de sang,
adapté d’une tragédie de Federico Garcia Lorca, commence. Une histoire
d’amour et de mort à la trame épurée qui paraît écrite pour le flamenco :
dans un village andalou, on célèbre un mariage, quand la jeune épousée
s’enfuit avec un autre homme, pourchassée dans une traque meurtrière… Premier volet de la trilogie
flamenca de Carlos Saura, Noces de sang sera suivi de Carmen (1983)
et de L’amour sorcier (1986). Avec l’aide d’Antonio Gades,
le cinéaste adapte à l’écran le ballet créé par le chorégraphe pour la scène,
le jugeant fidèle à l'"esprit populaire de Lorca". Une
dimension que l’on retrouve dans le récit de vie de cette star du flamenco,
issue d’un milieu modeste, et toujours adhérente au Parti communiste. Au
dépouillement de l’intrigue répond l’épure du dispositif : la caméra pénètre
en coulisses de la pièce, observant le rituel du trait de khôl sous les yeux
des hommes et les femmes se plaignant de leurs chaussures à talon. En guise
de décor, il opte pour une austère salle de danse au gris délavé. Parce que
le film, qui suit les danseurs entrant dans leurs personnages, épouse dans un
minimalisme et une approche documentaire le flamenco stylisé et tout en
retenue qu’affectionne Gades, il ne rend que plus éclatante la représentation
finale du ballet. Corps à l’écoute, moments de suspension, tension maximale et
beauté picturale des mouvements : la caméra, toujours au bon endroit, n’en
perd pas une miette, livrant un inclassable objet à la croisée de la danse et
du cinéma. |
|
|
|
|
|||
Commentaires
Enregistrer un commentaire