251208 - MUS QZD -L. COUPERIN - INTEGRALE DE L'ŒUVRE - JEAN RONDEAU
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251208 - MUS QZD -L. COUPERIN -
INTEGRALE DE L'ŒUVRE - JEAN RONDEAU |
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LOUIS COUPERIN 1626-1661 « L’œuvre complet
» Jean
Rondeau (clavecin, orgue, direction artistique), Clotilde Cantau (soprano),
Anaïs Bertrand, Cécile Dalmon (mezzos), Elsa Franck, Victor Julian Rincon
Hurtado, Adrien Reboisson (hautbois), Remé Lecorché (saqueboute), Jérémie
Papasergio (dulciane), Adrien Mabire (cornet), Lucile Boulanger, Mathias
Ferré, Anna Lachegyi, Robin Pharo, Philippe Pierlot, Myriam Rignol (violes),
Thibaut Roussel (théorbe), Pierre Gallon (orgue). Erato (10CD). L. COUPERIN – Œuvre complet |
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré d’avril à juillet 2024 par
Aline Blondiau. Qu’il s’agisse des clavecins ou orgues, les instruments
s’épanouissent avec une précision er une délicatesse remarquables, épousant à
merveille la diversité des acoustiques. Des harmoniques subtils leur
apportent la respiration nécessaire. |
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Cinq clavecins, deux orgues, une quinzaine de partenaires :
le projet mené par Jean Rondeau (cf. La Rencontre dans ne n°749) a largement
dépassé l’idée initiale – enregistrer l’intégrale de l’œuvre pour
clavecin du plus énigmatique des Couperin, Louis, Charles, François I ?
Peu importe l’étiquette collée sur le flacon ; répond le musicien,
pourvu qu’on ait l’ivresse. D’ivresse il est bien question devant, d’abord,
la magnificence des sonorités et la
qualité des prises de son signées Aline Blondiau ; mais aussi dans la
manière du claveciniste. Non qu’il se laisse aller au désordre, mais son
approche assume, outre une véritable jouissance du beau son, une liberté
improvisatrice donnant l’impression d’un corpus moins écrit que jadis
Blandine Verlet (Naïve), dont l’intégrale surplombait jusqu’ici la discographie.
Rondeau fait de la profusion ornementale, qui sous ses doigts semble
naturelle sans avoir l’air relâchée, une des cœurs battants de son
interprétation. Ainsi de certaines pièces ordonnant un flux et reflux
(Sarabande 51) come d’autres affirment leur théâtralité (Tombeau de M. de
Blancrocher). Sans gommer le caractère parfois
rhapsodique des partitions, Rondeau leur imprime un mouvement perpétuel
(voyez la Pavane 120 ou le tourbillon de la grande Passacaille 27 en
ut !) et en même temps une certaine gravité, jusque dans les pièces les
plus gaies. D’où, derrière l’apparente liberté, une forme de rigueur qui
s’ »incarne dans le refus de tout amollissement, dans le foisonnement
toujours tenu mais pas contraint, dans la distinction subtile entre tel
tremblement et tel autre, entre tel accord arpégé et telles notes « plaquées
» verticalement. Partout Rondeau nous emporte par une remarquable gestion du
temps, qui nous surprend sans nous brusquer, nous tiens en haleine sans
effets m’as-tu-vu – c’est aussi notable dans les pièces d’orgue qui refusent
le tapager ou le clinquant. Aux œuvres du mystérieux ascendant
(oncle ?) de François Couperin le Grand, l’interprète adjoint quelques
pages de ses contemporains, notamment de Froberger – Le Tombeau de Monsieur
Blancheroche est un sommet bouleversant, porteur ici de charge émotionnelle
rare dans ce répertoire. Invitant des voix pour se mêler aux
pièces d’orgue, mais aussi un ensemble de violes pour achever le panorama de
l’œuvre de Louis (?) Couperin, et encore des vents pour rappeler ce qu’était,
aux oreilles du XVII° siècle, un jeu d’anches ou de cornets, Rondeau bâtit
plus qu’une intégrale : il ressuscite tout un univers sonore. Bien sûr,
on pourrait pinailler sur tel point de détail, ici un tempo, là une
réalisation entre voix et orgue ; devant la pensée et la force du projet
(auquel répond la qualité de l’appareil éditorial), tout cela importe
peu : voici bien une somme et un accomplissement. Loïc Chahine |
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