251210 - CONCERTO ITALIANO, RINALDO ALESSANDRINI - « STRAVAGANTE PENSIERO »
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251210 - CONCERTO ITALIANO, RINALDO
ALESSANDRINI - « STRAVAGANTE PENSIERO » |
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STRAVAGANTE PENSIONERO « Gesualdo & Napoli » Concerto Italiano, Rinaldo Alessandrini. Naïve. AGRESTA -
Madrigaux DENTICE -
Madrigaux BOLOGNINI -
Madrigaux DE MACQUE -
Madrigaux LAMBARDI -
Madrigaux DELLA MARRA -
Madrigaux DEMETRIO -
Madrigaux DEL TURCO -
Madrigaux FONTANELLI -
Madrigaux GENUINO -
Madrigaux GTESUALDO -
Madrigaux LACORCIA -
Madrigaux LUZZASCHI -
Madrigaux MACEDONIO -
Madrigaux MAYONE - Madrigaux NENNA - Madrigaux PALLAZOTTO E TAGLIAVIA
- Madrigaux PECCI - Madrigaux ROSSI - Madrigaux SALZILLI -
Madrigaux MARIA TRABACI -
Madrigaux |
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TECHNIQUE : 3,5/5 Enregistré DANS LA Salla1 della Musica de
Ferrare en novembre 2024 par Fabio Framba. Des voix précises aux contours
ciselés dans un espace acoustique se et dépouillé qui manque légèrement de
profondeur. La captation en grande proximité renforce leur impact mais aussi
les nuances subtiles de l’articulatio et du phrasé. |
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Au tournant du XVII° siècle,
Carlo Gesualdo (1566-1613) s’inscrit dans un réseau d’échanges intenses entre
musiciens actifs de Ferrare à Naples parmi lesquels figurent Monteverdi,
Marenzio, Luzzaschi, d’India, de Macque, Nenna ou encore Trabaci. Tous
participent à un mouvement commun d’expérimentation expressive, que
Monteverdi appellera la seconda pratica. Dans ce contexte foisonnant,
la polyphonie napolitaine apparaît comme un véritable laboratoire où
Gesualdo, souvent perçu tel un visionnaire isolé, se révèle partie intégrante
du tissu collectif. Le disque montre que ses contemporains napolitains, dans
son sillage, poursuivent cette quête d’intensité et de raffinement
contrapunctique. Une vingtaine d’entre
eux, pour la plupart oubliés aujourd’hui, se partagent un riche panorama de
madrigaux a cappella édités entre 1600 et 1620 (une quinzaine de
pièces n’ont jamais été enregistrées auparavant). Tous rivalisent d’artifices
extravagants et virtuoses, à commencer par Scipione Lacorcia (ca
1590-1620), dont le Stravagante Pensiero donne son nom au disque, et
qui est le seul compositeur à y paraître deux fois. Non sans raison : il
se distingue comme l’un des plus inventifs. Ses deux Livres de madrigaux à
cinq voix révèlent une maîtrise remarquable dans le traitement des dissonances,
des contrastes modaux et rythmiques. Voyez les enchaînements qui rivalisent
de tension et d’audace dans le Misero me, son morto et les dessins
mélodiques lugubres de la seconde partie ! Le reste du
programme confirme cette fièvre frénétique où se côtoient frictions et
clusters. Pour s’en convaincre, écoutez la variété des couleurs de l’incroyable
Ahi dolor, che m’occidi (ca 1611) de Crescenzo Salzilli ou les
chromatismes languissants à la fin du parlo, miser, o taccio ? de
Scipione Dentice (1560-1633) ! de manière générale, cette écriture très
relevée se consomme à petite dose, comme un bon plat épicé. Rinaldo Alessandrini
ménage les atmosphères : la sensibilité vient tempérer la dureté dans
Ahi, che il miocor si fugge de Tommasco Pecci (1576-1604/6), et la
légèreté fait de même au début du Pargoletta e colei d’Agostino
Agresta (ca 1580-1617). Ces ligature e durezze, propres aux
excursions harmoniques les plus tortueuses afin de servir au mieux les affects
du texte, trouvent chez les sept madrigalistes du Concerto Italiano la
radicalité qu’elles méritent et une défense à la hauteur du tour de force que
représentent ces pièces. Une exhumation bienvenue ! Frédéric Degroote |
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