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251214 - INTO THE WINDS - LE GRAND
EMBRASEMENT « MUSIC FOR A MAD KING » |
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LE GRAND EMBRASEMENT « Music for a Mad King » Into
the Winds. RICERCAR. ANONYME – Œuvres diverses MAGISTER GRIMACE – Alarme, Alarme. HAUCOURT – Je demande ma bienvenue. BELLENGUES (DE) – Pour une fois et pour
toute ma vye. CESARIS – Je ris, le chante, je m’esbas. CESARIS – Bonté, bialté. LE GRANT – Pour l’amour de mon bel amy. SALZBOURG (VON) – Das haizt dy trumpet
und ist gut zu blasen Mönch von Salsburg. ADAM – A temps vendra celle journée. LE GRANT – Sa liesse est de ma partie. LE GRANT – Entre vous, nouviaux mariés. COUTREMAN – Vaylle que vaylle, il faut
s’aseürer. TAPISSIER – Sanctus. LABERTOUL – Las, que me demanderoye CORDIERT – Je suis celuy qui veult taudis
servir. …/… |
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…/… GRENAN – La plus belle et doulce
figure. LABERTOUL – Depuis un peu un joyeux
parlement. GRENON – Nova vobis gaudia. FONTAINE – J’ayme bien celui qui s’en
va. GEMBLACO (DE) – Par ung regart des deux
biaulx yeux. LANTINS (DE) – Grant ennuy m’est. VELUT – Summe, Summy, tu patris unice. WALKENSTEIN (VON) – Oswald von
Walkenstein. |
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TECHNIQUE : 3,5/5 Enregistré par Jérôme Lejeune à l’église
Notre-Dame des Centeilles à Siran en novembre2024. Les percussions et vents s’intègrent
dans une image cohérente et équilibrée, aux plans bien définis. |
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Après « Le Parfaict Danser » (cf. n° 724)
qui glissait du Moyen Âge à la Renaissance, c’est une chronique du règne de
Charles VI que nous propose Into the Winds. Busine, trompette à coulisse,
bombardes et chalemie, flûtes et percussions ressuscitent des musiques rares,
à la réalisation finement pensée. Au fil du programme, pièces galantes ou de
circonstance évoquent, sans paroles, la guerre et la paix, l’amour et la mort
autour de la figue de Charles « le Fol » souverain dont la démence va plonger
le royaume dans une longue et terrible guerre civile. Enlevées (Tuba Gallicalis) ou
plus retenues (Bobik Blasen), mais toujours jubilatoires et rythmées
avec précision, les fanfares introduisent d’abord son couronnement, en 1380.
Se relaient ensuite la gouvernance solitaire (pages de Haucourt et Cardot),
la maladie (Cesaris, Cordier, Le Grant) puis la disparition du monarque (Lantins,
Wolkenstein), entrelacés d’événements politiques divers. Voici la mise à mort
du duc d’Orléans (Adam, Le Grant, Moine de Salzbourg), la bataille d’Azincourt
où se trouve décimée la noblesse française (Coutreman, Carole d’Azincourt),
l’assassinat de Jean de Bourgogne par le Dauphin (Tapissier, Cordier, Grenon),
le traité de Troyes par lequel le roi déshérite ledit dauphin – le futur Charles
VII que Jeanne d’Arc aidera à retrouver son trône – et désigne pour successeur
Henri V d’Angleterre, époux de sa fille Catherine (Lebertoul, Fontaine). Ainsi se suivent, au fil du parcours,
de polyphonies aux esthétiques et aux colorations nuancées. Les flûtes douces
rehaussent la complexité de chansons intimes de l’ars subtilior (Quiconques
veut d’amours joïr, je suis celuy qui veul toudis servir, La plus belle
et doulce figure), quand anches et percussions varient les reprises
mélodiques (Pour une fois et pour toute ma vye) ou affichent la joie d’une
décision politique opportune (Nova vobis gaudia). Se réappropriant avec aisance ce
répertoire méconnu (Coutreman, Lebertoul et Le Grant nous ravissent
particulièrement), les excellents musiciens d’Into the Winds, quelquefois
rejoints par Pierre Hamon, séduisent par leur inventivité. On admire la
lisibilité que conserve ici le dense contrepoint de Je ris, je chante, je
m’esbas, on se régale de la petite flûte et des chalemies, délicatement rythmées
par le tambour, qui enluminent le fameux Carole d’Azincourt. Les
diminutions demeurent souples (Depuis un peu un joyeux Parlement), et
si les reflets du motet Summe Summy, tu patrice unice/Summa Summy,
tu patris filii rappellent le Moyen Âge, c’est bien vers la Renaissance
que conduisent les harmonies osées d’un Johannes Le Grant ou d’un Tapissier. Anne Ibos-Augé |
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