251215 - QUATUOR BELCEA - DEBUSSY & SCYMANOWSKI- QUARTUORS À CORDES
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251215 - QUATUOR BELCEA - DEBUSSY &
SCYMANOWSKI- QUARTUORS À CORDES |
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KAROL SZYMANOWSKI 1882-1937 « Les deux quatuors à cordes » Quatuor
Belcea Alpha. SZYMANOWSKI – Quatuor à cordes n°1 SZYMANOWSKI – Quatuor à cordes n°2 DEBUSSY – Quatuor à cordes |
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TECHNIQUE : 3,5/5 Enregistré en février 2022, novembre
2023 et décembre 2024 à Francfort par Jean-Daniel Noir. L’image séduit par
son ampleur et sa cohésion, malgré un violon 1 très présent et une
localisation légèrement imprécise. Timbres magnifiques. |
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Trois ans après leur Brahms, les Belcea reparaissent
en studio avec un programmé aussi pertinent qu’audacieux. Conjuguant naturel
et virtuosité, Corina Belcea et ses partenaires y atteignent une osmose qui
tient du miracle, par la sûreté étonnante de leur jeu d’archet et de main
gauche, par la complémentarité de leurs timbres. L’univers du Quatuor n°1 de Szymanowski
(composé en 1917 mais créé seulement en 1924) relève d’un postimpressionnisme
dont les couleurs luxuriantes, les lignes sensuelles, la fièvre même
évoqueraient tout ensemble Scriabine et Richard Strauss. L’œuvre baigne d’abord
dans un climat onirique mystérieux, assez similaire à celui du Concerto
pour violon n°1 ou de la Symphonie n°3 « Le Chant de la nuit
». Avant que surgissent sans crier gare des phases davantage anguleuses,
directement inspirées du folklore des Tatras. Par son lyrisme intense, que le
Vivace conclusif noté « Scherzando alla burlesca » alterne pulsions
fantasques, voire grotesques, et méditations enveloppées dans un tissu
polytonal raffiné. Par ses accents tout à tour frémissants
et lumineux (sublime et vaste Moderato initial), ses mosaïques
éclatantes de rythmes et de motifs, le Quatuor à cordes n°2 (1927)
nous évoque l’opéra Le Roi Roger et le ballet Harnasie, écrits
juste auparavant. Les Belcea trouvent les clefs de ce creuset d’influences qu’ils
animent d’un geste à la fois incandescent, ciselé et rêveur, proprement irrésistible. Ils nous offrent la référence moderne
pour ces deux géniales partitions, qu’ils ont la brillante idée d’inscrire
dans le prolongement du Quatuor en sol mineur (1892-1893) de Debussy, auquel
les Belcea reviennent donc vingt-cinq ans après leur première gravure. Le
scherzo est souverainement maîtrisé sur le plan de l’articulation, de l’attaque
et de la précision rythmique. Dans le superbe Andantino nocturne, le solo d’alto
est à faire pleurer les pierres et rappelle certains passages les plus
sombres et inquiétants de Pelléas et Mélisandre. C’est un regard
compassionnel empreint de chaleureuse humanité, un appel quasi beethovénien à
la fraternité de l’art et de l’esprit. D’aucuns y entendront une dimension
métaphysique, voire mystique. Quant au finale, où le violoncelle
souvent prééminent projette le discours vers l’avant, il est à couper le
souffle par sa ferveur sensible. Un sommet que nous rangerons auprès des
Budapest, Italiano, Takacs et autre Ysaÿe, bien que les teintes fauves et
mordorées des Belcea ajoutent encore à leur singularité. Patrick Sersnovicz |
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