251221- CIN TEL ARTE - « LA LIGNE » - DE URSULA MEIER
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251221- CIN TEL ARTE - « LA LIGNE » - DE URSULA MEIER |
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de URSULA MEIER 2022 – France, Belgique, Suisse avec Stéphanie Blanchoud, Valeria Bruni Tedeschi,
Elli Spagnolo, Benjamin Biolay, India Hair, Dali Benssalah 1 h 43 |
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Après avoir violemment agressé sa mère, Margaret se
voit interdire d’approcher de la maison familiale... Ursula Meier
("Home") explore l’impossibilité d’aimer dans ce film saisissant
porté par Valeria Bruni Tedeschi et Stéphanie Blanchoud. Sujette à des comportements violents qui lui ont coûté
sa relation amoureuse avec Julien, Margaret, 35 ans, est retournée vivre
chez sa mère, Christina, qui lui reproche d’avoir ruiné, en venant au monde,
sa prometteuse carrière de pianiste. Au cours d’une dispute, Margaret frappe
si violemment Christina au visage que cette dernière assure être devenue
sourde d’une oreille. Convoquée chez le juge, Margaret se voit interdire
d’entrer en contact avec sa mère et d’approcher à moins de 100 mètres de
son domicile. Pour la forcer à respecter ce périmètre, sa petite sœur,
Marion, trace une ligne bleue au sol tout autour de leur maison. Mais
Margaret revient jour après jour sur cette frontière qui la sépare des
siens...
Après L’enfant d’en haut (2012),
Ursula Meier explore de nouveau les liens dysfonctionnels au sein d’une
cellule familiale. Sans filtre ni tact, Christina (Valeria Bruni Tedeschi –
presque aussi barrée que dans La fracture de Catherine
Corsini) complique le quotidien de ses trois filles : Margaret, l’aînée
chanteuse (Stéphanie Blanchoud, d’une intensité de jeu rare) qu’elle tient
responsable de sa carrière ratée, Louise, sa pragmatique cadette (India
Hair), jugée dépourvue de toute fibre artistique et donc d’intérêt, et sa
petite dernière (Elli Spagnolo), contrainte malgré son jeune âge à faire
preuve d’une troublante maturité. Comme dans Home (2008), où
la proximité d’une autoroute rendait le cocon invivable, la réalisatrice
helvète prend la maison comme un point de cristallisation des tensions et des
incompréhensions mutuelles. Auprès d’hommes semblant n’être que de passage
(Benjamin Biolay, Éric Ruf, Dali Benssalah), les femmes se révèlent aussi
fragiles qu’elles sont enferrées dans une violence destructrice. Constamment
sur le fil entre comédie et drame, un film saisissant autour de
l’impossibilité de s’aimer soi-même et d’aimer les autres. |
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