250507 - MUS DIA IND - N°179 - PIERRE MONTEUX - ŒUVRES DIVERSES - COMPOSITEURS DIVERS

 





250507 - MUS DIA IND - N°179 - PIERRE MONTEUX - ŒUVRES DIVERSES - COMPOSITEURS DIVERS









C'est sa mère, excellente pianiste, qui initie le très jeune Pierre à la musique en l'installant au clavier. En 1881, le garçonnet débute le violon au Conservatoire de Paris – il a six ans. Dès l'âge de quatorze ans, il joue dans le petit orchestre des Folies Bergères. À dix-sept ans, il est l'altiste du quatuor Geloso qui recueille l'approbation de Grieg comme de Brahms. « Il faut des Français pour jouer correctement ma musique, lui déclare ce dernier. Les Allemands le jouent bien trop pesamment. »

Premier alto puis chef adjoint des Concerts Colonne où il apprend son Berlioz et engrange le répertoire, Pierre Monteux assied son autorité sur un mélange d'obstination et de bonhomie. Le sens du détail et de la couleur, la fermeté du rythme nourrissent un lyrisme généreux qui fait merveille aux Ballets russes. Là, il crée des œuvres de Ravel (Daphnis et Chloé), Stravinsky (Le Sacre du printemps), Debussy (Jeux), qu'il emmènera partout.

Au lendemain de la Grande Guerre, Monteux remet sur pied le Boston Symphonie dont hérite ensuite Serge Koussevitzki. Il devient l'adjoint de Willem Mengelberg au Concertgebouw d'Amsterdam et prend bientôt les rênes de l'éphémère Orchestre symphonique de Paris – avec lequel il grave une étourdissante Fantastique de Berlioz.

Entre 1934 et 1952, notre sémillant moustachu électrise les musiciens du San Francisco Symphony. En témoignent, pour RCA, cette Marche hongroise colorisée par Berlioz ou, à la radio, une palpitante Rhapsodie hongroise n°2 de Liszt et une Ouverture de Guillaume Tell de Rossini au galop irrésistible.



Ardeur juvénile

Dans les années 1950, le retour de Monteux en Europe marque le début d'une nouvelle et fabuleuse moisson discographique. À quatre-vingt six ans, le chef signe avec le London Symphony un contrat de vingt-cinq ans renouvelable (!). Pour RCA, Emi, mais surtout Philips et Decca, il revisite ses partitions de chevet et en fixe des versions stupéfiantes d'ardeur juvénile.

En 1958, ses Variations sur un thème de Haynd séduisent par leur légèreté, leur élan, leur transparence - donnant raison à Brahms. Toujours à Londres, mais trois ans plus tard, le Prélude à l'après-midi d'un faune s'étire au soleil avec autant de langueur que de sensualité.

Avec Boston en 1959, la Symphony n°4 de Tchaïkovski n'a rien de pesant, de désespéré. Elle frappe au contraire par la vigueur de ses accents, comme le Concerto pour piano n°1 de Mendelssohn pris sur le vif la même année, avec Rudolf Serkin en soliste. L' « Héroïque » bouclait, à Amsterdam en 1962, un ultime cycle Beethoven. Le vieux maestro impressionne une fois encore par l'urgence, la lumière, l'articulation fluide mais pointue qu'il obtient.

François Laurent










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